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Histoire du baptême

" On ne naît pas chrétien, on le devient" affirmait Tertullien, célèbre Père de l'Eglise. Premier sacrement de l'initiation chrétienne, le baptême est un moment essentiel dans la vie de tout chrétien, grand ou petit. Voici son histoire, des conseils pratiques pour le préparer .

Un mystère, trois sacrements


La vie chrétienne dure... toute une vie. On la rêve cohérente avec ses valeurs ou ses principes. L'Evangile nous dit qu'elle est, en réalité, le théâtre de toutes les conversions. Tertullien évoquait les signes et rites qui font des baptisés les membres d'un même corps. Le baptême en est un, mais il n'est pas le seul. On parle en effet des trois sacrements de " l'initiation chrétienne ". Aussi, évoquer l'histoire du baptême est impossible sans parler également de la Confirmation et de l'Eucharistie (ou " communion "). Pourquoi ? Parce que parler d'initiation indique que l'initiative vient d'ailleurs que de nous-mêmes. On est toujours initié par un autre. Nous sommes initiés par Dieu, en quelque sorte. A quoi ? A une vie nouvelle centrée sur la résurrection du Christ, sur Pâques. On ne devient pas chrétien par le seul baptême, mais par l'entrée dans le Mystère pascal où Jésus ressuscité a donné sa vie, son Esprit, son Eucharistie.



Au commencement
Dès les origines, saint Paul le dit dans ses lettres, tous les fidèles sont baptisés, à commencer par lui. Les premiers chrétiens ont conscience d'obéir à une consigne du Christ lui-même : " Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit " (ce sont les derniers mots de l'Evangile de Mathieu). Et, depuis le début, c'est l'eau qui est l'élément central de ce nouveau rite. Certes, on baptisait déjà au temps de Jésus. Et les rites d'eaux sacrées - bains ou étuves - étaient fréquents. Mais il existe une spécificité chrétienne : on ne se baigne pas, on est baigné par un autre. Et on l'est au nom du Christ.

Ie-XIIe siècles : vers le baptême des enfants
Puisque le baptême faisait entrer dans une vie nouvelle lavée de tout péché... on attendait bien souvent la fin de sa vie pour le demander ! Le plus célèbre exemple est celui de l'empereur romain Constantin. Mais, hors ces baptêmes in extremis, on demandait à être admis à la préparation au baptême. Cette préparation, le catéchuménat, se met en place à la fin du ive siècle. Un fidèle chevronné se porte garant pour vous devant la communauté, et devient votre guide. On l'appelle du nom de sponsor, celui qui vous pousse ; ou encore du nom de père pneumatique ou spirituel (de pneuma, souffle en grec). Il est l'ancêtre du parrain. Baptisé, presque toujours lors de la nuit de Pâques, le fidèle est né de l'eau et de l'Esprit : il reçoit la grâce de l'Esprit saint. Cela est traduit par des gestes qui complètent le bain d'eau : onction d'huile ou imposition des mains. C'est en Gaule, au ve siècle, qu'apparaît le terme de " confirmation" pour le don de l'Esprit célébré dans la foulée du baptême. Avec la christianisation, la proportion des adultes et des enfants s'inverse progressivement. Le baptême reste collectif. La communion conclut la célébration. On continue à célébrer la confirmation si l'évêque est là.

XIIe siècle : pour protéger la vie des enfants
A partir du XIIe siècle, on baptise les bébés. Pourquoi ? La mortalité infantile était effrayante depuis longtemps. Or la maladie n'en est plus la seule cause : pauvreté, famines, guerres : des parents en viennent à supprimer leurs nouveau-nés. Les évêques s'émeuvent. Les synodes réagissent et prescrivent le baptême. La conscience morale collective évolue. En parallèle la théologie aussi, et l'on veut faire bénéficier ces enfants qu'on entend protéger, de la grâce du sacrement dès que possible (quam primum). Les prêtres doivent dès lors enseigner à tout chrétien comment baptiser en urgence. On développe pour la même raison le baptême par infusion contre le baptême par immersion. Autrement dit, on ne baigne plus, on verse de l'eau sur le front…….

Le premier baptistère en france

 
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